Parodontite : définition, symptômes, stades et causes (le guide complet)

Parodontite : définition, symptômes, stades et causes (le guide complet)

L'essentiel en une minute

  • La parodontite est une maladie inflammatoire chronique des tissus qui tiennent les dents, déclenchée par un biofilm bactérien déséquilibré et entretenue par la réaction de défense de l'organisme.
  • Selon l'Organisation mondiale de la Santé, les formes sévères de maladie parodontale représentent plus d'un milliard de cas dans le monde.
  • Depuis la classification internationale de 2017, chaque parodontite est décrite par un stade (I à IV, la gravité) et un grade (A à C, la vitesse d'évolution).
  • Le tabac augmente le risque de parodontite de 85 % selon une méta-analyse de 2018 ; le diabète est l'autre grand facteur aggravant.
  • On ne « guérit » pas une parodontite au sens strict, mais un traitement bien conduit la stabilise : la recommandation européenne (EFP, 2020) prévoit ensuite une maintenance tous les 3 à 12 mois.
  • En France, le bilan parodontal et le surfaçage radiculaire sont pris en charge à 100 % pour les personnes diabétiques et pour 5 autres affections de longue durée depuis le 25 février 2024.

Quand on entend « parodontite », on imagine souvent une maladie de personnes âgées, brutale et douloureuse. La réalité est plus discrète, et c'est justement ce qui la rend sournoise : la parodontite s'installe le plus souvent sans douleur, sur des années, pendant que les gencives saignent « juste un peu » au brossage.

La bonne nouvelle est qu'elle se comprend très bien, qu'elle se dépiste avec un examen simple, et qu'elle se stabilise dans la grande majorité des cas quand elle est prise en charge. Encore faut-il savoir la reconnaître. Selon une enquête Ipsos de 2025 pour l'UFSBD, 85 % des Français ne savent pas, ou pas précisément, ce que sont les maladies parodontales.

Ce guide pilier rassemble l'essentiel : définition, symptômes, causes, stades et grades, diagnostic, traitement, conséquences et prévention. Chaque point renvoie vers un article dédié si vous voulez aller plus loin.

Sommaire

  1. Qu'est-ce que la parodontite ? Définition simple
  2. Gingivite ou parodontite : quelle différence ?
  3. Quels sont les symptômes de la parodontite ?
  4. Quelles sont les causes de la parodontite ?
  5. Quels sont les stades de la parodontite ?
  6. Comment le dentiste diagnostique-t-il une parodontite ?
  7. Peut-on guérir d'une parodontite ?
  8. Comment soigne-t-on une parodontite ? Le traitement en 4 étapes
  9. Quelles sont les conséquences d'une parodontite ?
  10. Comment prévenir la parodontite au quotidien ?
  11. Questions fréquentes sur la parodontite

Qu'est-ce que la parodontite ? Définition simple

La parodontite est une maladie inflammatoire chronique du parodonte, c'est-à-dire de l'ensemble des tissus qui ancrent la dent dans la mâchoire. Elle naît d'un biofilm bactérien devenu déséquilibré et d'une réaction inflammatoire excessive de l'organisme, qui détruisent peu à peu l'attache de la dent.

Le parodonte comprend quatre tissus : la gencive, le ligament parodontal (des milliers de fibres qui relient la racine à l'os), le cément qui recouvre la racine, et l'os alvéolaire. Dans une bouche saine, la gencive forme un petit col serré autour de chaque dent, le sillon gingival. Dans une parodontite, ce col se décolle, l'os se résorbe et la dent perd progressivement ses appuis.

Un écosystème qui bascule, pas une simple « infection »

Votre bouche n'est pas un milieu à stériliser : c'est un écosystème, un peu comme un jardin. Des centaines d'espèces bactériennes y vivent en équilibre et la plupart sont utiles. La plaque dentaire est un biofilm organisé, collé aux dents, qui se reforme en permanence.

Le problème commence quand ce biofilm s'accumule au bord de la gencive et glisse sous elle. Le milieu change, des espèces plus agressives prennent le dessus (on parle de dysbiose), et le système immunitaire réagit fort. Le chercheur George Hajishengallis résume la maladie ainsi : la parodontite est une maladie inflammatoire dysbiotique, avec un impact sur la santé générale. Autrement dit, ce n'est pas seulement la bactérie qui détruit l'os : c'est surtout l'inflammation qui s'emballe.

Une maladie fréquente, souvent ignorée

La parodontite fait partie des maladies chroniques les plus répandues au monde. Une revue publiée en 2014 dans le Journal of Dental Research estimait la prévalence mondiale des formes sévères à 11,2 %, ce qui en faisait la sixième affection la plus fréquente de la planète. Pour la France, l'Assurance Maladie rappelle que gingivites et parodontites interviennent pour 30 à 40 % dans les causes d'extraction ou de perte de dents, et que la fréquence de la maladie parodontale grave culmine vers 55 ans.

Les chiffres que l'on croise peuvent sembler contradictoires parce qu'ils ne mesurent pas la même chose. Le terme « maladie parodontale » regroupe la gingivite et la parodontite : quand l'UFSBD indique que 80 % des adultes ont une maladie parodontale, la gingivite est comprise dans ce chiffre. Les formes sévères de parodontite, elles, concernent une minorité d'adultes, mais une minorité très nombreuse.

Gingivite ou parodontite : quelle différence ?

La gingivite est une inflammation de la gencive seule, réversible ; la parodontite est l'étape suivante, quand l'inflammation atteint l'attache et l'os. Toute gingivite ne devient pas une parodontite, mais toute parodontite commence par une gingivite.

Gingivite Parodontite
Tissus touchés Gencive uniquement Gencive, ligament, cément et os
Signes typiques Gencive rouge, gonflée, qui saigne Mêmes signes, plus poches, récession, mobilité
Perte d'os Non Oui, visible à la radio
Réversible ? Oui, avec une hygiène correcte Stabilisable, mais l'os perdu ne repousse pas spontanément
Prise en charge Hygiène, détartrage Traitement parodontal par étapes et maintenance à vie

Une gingivite non contrôlée ne se transforme pas forcément en parodontite : la susceptibilité de chacun, le tabac ou le diabète font pencher la balance. Pour comprendre cette première étape et le temps qu'il faut pour en guérir, lisez notre article sur la gingivite, ses symptômes et sa durée de guérison.

Quels sont les symptômes de la parodontite ?

Les premiers symptômes de la parodontite sont discrets : saignements au brossage, gencives rouges ou gonflées, mauvaise haleine. Les signes tardifs, eux, traduisent déjà une perte d'os : gencives qui se rétractent, dents qui s'écartent ou bougent, pus. La douleur est rare, ce qui explique les diagnostics tardifs.

Stade d'apparition Symptômes Ce que cela traduit
Précoce Saignement au brossage ou au fil, gencive rouge et gonflée Inflammation active de la gencive
Précoce Mauvaise haleine ou mauvais goût persistants Accumulation de biofilm sous la gencive
Intermédiaire Gencive qui se rétracte, dents qui paraissent plus longues, sensibilité au froid Perte d'attache, racine exposée
Intermédiaire Espaces qui apparaissent entre les dents, aliments qui se coincent Dents qui migrent, os qui se résorbe
Tardif Dent qui bouge, sensation de « dent haute » à la mastication Perte d'os importante
Tardif Pus au bord de la gencive, abcès, gonflement douloureux Infection dans une poche profonde

Le saignement est le signal le plus important, et le plus banalisé. Une gencive saine ne saigne pas, même au passage du fil ou d'une brossette. Pour apprendre à faire la différence, voyez comment reconnaître une gencive saine et pourquoi les gencives saignent, et comment y remédier vraiment.

Lorsque la gencive se rétracte, on parle de récession gingivale, ou de « déchaussement » dans le langage courant : nous l'expliquons en détail dans notre guide sur le déchaussement des dents et la récession gingivale. Et si une dent a commencé à bouger, notre article dent qui bouge chez l'adulte : causes et que faire vous aide à évaluer l'urgence.

Quand consulter sans attendre

  • Une gencive qui saigne régulièrement au brossage depuis plus de quelques jours.
  • Une dent qui bouge, qui s'est déplacée ou un espace nouveau entre deux dents.
  • Du pus, un abcès ou un gonflement de la gencive, surtout avec fièvre : consultez en urgence.
  • Vous êtes diabétique, fumeur, enceinte, ou un parent proche a perdu ses dents jeune : demandez un bilan parodontal même sans symptôme.

Quelles sont les causes de la parodontite ?

La cause première de la parodontite est le biofilm dentaire qui s'accumule le long et sous la gencive. Mais le biofilm ne suffit pas : ce sont des facteurs de risque (tabac, diabète, génétique, stress) qui décident si l'inflammation reste superficielle ou détruit l'os.

C'est pourquoi deux personnes ayant la même hygiène peuvent évoluer très différemment. Selon l'OMS, les principaux facteurs de risque de maladie parodontale sont une hygiène bucco-dentaire insuffisante et le tabac.

Facteur Ce que disent les études Ce que vous pouvez faire
Biofilm (plaque) Point de départ indispensable de la maladie Brossage 2 fois par jour et nettoyage interdentaire quotidien
Tabac Augmente le risque de parodontite de 85 % (méta-analyse de 2018) Arrêter : c'est le levier le plus puissant
Diabète Facteur modifiant majeur, la relation est à double sens Équilibrer la glycémie, signaler le diabète au dentiste
Génétique Jusqu'à un tiers des différences entre individus s'explique par les gènes Dépistage précoce si antécédents familiaux
Stress Associé à la maladie dans la majorité des études, sans lien de cause prouvé Hygiène de vie, suivi régulier
Grossesse Les hormones augmentent l'inflammation des gencives Examen bucco-dentaire pendant la grossesse

Le chiffre sur le tabac provient d'une méta-analyse de Leite et ses collègues (2018) : fumer multiplie le risque par 1,85. Le tabac a aussi un effet trompeur, car il réduit le saignement des gencives et masque ainsi le principal signal d'alerte.

Sur la génétique, une revue systématique de 2019 conclut que jusqu'à un tiers de la variance de la parodontite dans la population est d'origine génétique, avec une part plus élevée pour les formes sévères. Hériter d'un terrain n'est pas hériter de la maladie : l'hygiène et le suivi gardent tout leur poids. La question de la contagion, de l'hérédité et des autres facteurs est développée dans notre article parodontite contagieuse ou héréditaire : les facteurs de risque.

Quels sont les stades de la parodontite ?

Depuis la classification internationale de 2017, la parodontite est décrite par un stade et un grade. Le stade (I à IV) mesure la gravité et la complexité du traitement ; le grade (A à C) estime la vitesse d'évolution et le risque de progression.

Cette classification, issue d'un atelier mondial réunissant les sociétés américaine et européenne de parodontologie, a remplacé les anciennes notions de parodontite « chronique » et « agressive » par une catégorie unique, la parodontite, décrite sur deux axes. Votre dentiste peut ainsi noter, par exemple, « parodontite stade III, grade B ».

Les 4 stades de la parodontite

Stade Ce que cela signifie Ce que le praticien observe
Stade I : initial Début de destruction de l'attache Perte d'attache légère, poches peu profondes, aucune dent perdue à cause de la maladie
Stade II : modéré Atteinte installée mais limitée Perte d'os visible à la radio, restée dans la partie haute de la racine
Stade III : sévère Destruction importante, des dents sont menacées Poches profondes, défauts osseux, parfois des dents déjà perdues
Stade IV : très avancé La denture entière est menacée Dents mobiles ou déplacées, mastication perturbée, réhabilitation complexe

Le stade est fixé à partir de la perte d'attache, de la perte d'os à la radio, des dents perdues pour raison parodontale et de la complexité du traitement. Il ne redescend pas après le traitement : un stade III traité reste un stade III stabilisé, ce qui rappelle que le suivi doit durer.

Les 3 grades : la vitesse d'évolution

Grade Vitesse de progression Indices typiques
Grade A Lente Peu de destruction malgré la présence de plaque, pas de facteur de risque
Grade B Modérée Évolution attendue au regard de la plaque, c'est le grade retenu par défaut
Grade C Rapide Destruction importante par rapport à la plaque, souvent tabac important ou diabète mal équilibré

Le grade tient compte de l'évolution observée sur les radios ou les examens précédents, puis il est ajusté selon les facteurs de risque. C'est une information précieuse : elle dit au praticien à quelle fréquence vous revoir.

Comment le dentiste diagnostique-t-il une parodontite ?

Le diagnostic de la parodontite repose sur le sondage parodontal et sur des radiographies. Le praticien mesure en millimètres la profondeur des poches autour de chaque dent, note les saignements, les récessions et la mobilité, puis vérifie la perte d'os à la radio.

La poche parodontale est l'espace anormal qui se creuse entre la gencive et la racine lorsque l'attache est détruite. Pour la mesurer, le dentiste ou le parodontiste glisse délicatement une sonde graduée en plusieurs points autour de chaque dent. L'ensemble des mesures forme le bilan parodontal, une véritable carte de votre bouche. Le sondage est en général peu désagréable sur des gencives saines, davantage sur des gencives enflammées.

La profondeur compte beaucoup pour l'avenir des dents. Dans une étude de suivi sur 11 ans publiée en 2008, par rapport à un site de 3 mm ou moins, une poche résiduelle de 6 mm était associée à un risque de perte de la dent nettement plus élevé (odds ratio de 11,0 au niveau de la dent), et une poche de 7 mm ou plus à un odds ratio de 64,2. Tout savoir sur les profondeurs, et sur la possibilité de voir une poche se refermer, dans notre article poche parodontale : profondeur normale et refermeture.

Les radiographies (clichés rétro-alvéolaires ou panoramique) montrent le niveau de l'os autour des racines. Le praticien recueille aussi vos antécédents : tabac, diabète, médicaments, histoire familiale. C'est l'ensemble qui permet de poser le stade et le grade.

Peut-on guérir d'une parodontite ?

On ne guérit pas d'une parodontite au sens où l'on revient à l'état d'origine : l'os perdu ne repousse pas spontanément. En revanche, la maladie peut être stoppée et stabilisée durablement, avec des gencives qui ne saignent plus et des poches refermées.

La classification de 2017 a d'ailleurs prévu ce cas : on peut retrouver une santé parodontale « sur un parodonte réduit ». Les tissus sont moins hauts qu'avant, mais sains et stables, comme un jardin replanté après un orage : le terrain a changé, mais il est de nouveau vivant.

Les résultats du traitement non chirurgical sont encourageants. Une revue systématique réalisée pour la recommandation européenne estime qu'après instrumentation sous-gingivale, la profondeur des poches diminue en moyenne de 1,4 mm à 6 à 8 mois, et que 74 % des poches se referment. Ce qui fait la différence ensuite, c'est la régularité : sans maintenance ni hygiène quotidienne adaptée, la parodontite peut récidiver.

Le point à retenir

La parodontite se stabilise, elle ne se « guérit » pas une fois pour toutes. Une parodontite traitée reste un terrain sensible, qui demande une routine adaptée et des visites de maintenance régulières, fixées selon votre profil de risque.

Comment soigne-t-on une parodontite ? Le traitement en 4 étapes

Le traitement de la parodontite suit 4 étapes définies par la Fédération européenne de parodontologie (EFP) dans sa recommandation clinique de 2020 : motivation et contrôle des facteurs de risque, nettoyage sous la gencive, traitement des sites qui ne répondent pas, puis maintenance à vie.

Étape Objectif En pratique
1. Contrôle du biofilm et des facteurs de risque Changer les habitudes Apprentissage du brossage et du nettoyage interdentaire, détartrage, aide à l'arrêt du tabac, équilibre du diabète
2. Instrumentation sous-gingivale Éliminer biofilm et tartre sous la gencive Surfaçage radiculaire, souvent sous anesthésie locale
3. Traitement des sites résistants Atteindre les poches profondes restantes Nouvelle instrumentation ou chirurgie (accès, régénération)
4. Maintenance parodontale Éviter la récidive Visites tous les 3 à 12 mois selon votre risque

La deuxième étape, le surfaçage radiculaire, est le cœur du traitement non chirurgical : nous décrivons son déroulement, la douleur ressentie et les suites dans notre article surfaçage radiculaire : déroulement, douleur et suites. Pour une vue d'ensemble de toutes les options, lisez aussi Parodontite : toutes les méthodes de traitement expliquées simplement.

Vous croiserez beaucoup de « remèdes naturels » promettant de soigner la parodontite. Certains peuvent accompagner une bonne hygiène, d'autres abîment les gencives ou l'émail : faites le tri avec notre article remèdes naturels contre la parodontite : ce qui aide, ce qui abîme. Aucun ne remplace le traitement professionnel.

Quelle prise en charge en France ?

Depuis le 25 février 2024, le bilan parodontal et le détartrage-surfaçage radiculaire sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans entente préalable, pour les patients diabétiques (ALD 8) et pour 5 autres affections de longue durée : insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme et cardiopathies valvulaires ou congénitales graves (ALD 5), maladie coronaire (ALD 13), déficit immunitaire primitif ou infection par le VIH (ALD 7), polyarthrite rhumatoïde (ALD 22) et spondylarthrite grave (ALD 27). Selon l'UFSBD, presque 6 millions de Français peuvent en bénéficier.

Cette prise en charge couvre un traitement initial et un traitement complémentaire si les lésions persistent, par période de 3 ans, selon la FAQ de l'Assurance Maladie destinée aux chirurgiens-dentistes. En dehors de ces situations, le détartrage reste remboursé, mais les autres soins des gencives ne le sont pas et leurs honoraires sont libres : demandez un devis.

Quelles sont les conséquences d'une parodontite ?

Non traitée, la parodontite entraîne la perte progressive des dents. Elle est aussi associée à plusieurs maladies générales, notamment le diabète et les maladies cardiovasculaires : il s'agit d'associations solides, mais le lien de cause à effet n'est pas toujours démontré.

Pour vos dents et vos implants

La destruction de l'os fait reculer la gencive, crée des espaces, puis rend les dents mobiles jusqu'à leur perte. Un antécédent de parodontite compte aussi pour les implants : la même dysbiose peut s'installer autour d'eux et provoquer une péri-implantite, détaillée dans notre article péri-implantite : symptômes, causes, traitement et prévention.

Pour votre santé générale

Avec le diabète, la relation va dans les deux sens. Une revue Cochrane de 2022 montre, avec des preuves de certitude modérée, que le traitement de la parodontite s'accompagne d'une baisse absolue de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) de 0,43 % 3 à 4 mois après le traitement chez les personnes diabétiques.

Pour le cœur, un rapport de consensus européen publié en 2020 confirme des associations significatives entre parodontite et maladies cardiovasculaires. D'autres liens sont étudiés, avec la grossesse ou la démence par exemple, avec des niveaux de preuve variables. Nous faisons le point, chiffres et nuances compris, dans parodontite et santé générale : diabète, cœur, grossesse, Alzheimer.

Comment prévenir la parodontite au quotidien ?

Prévenir la parodontite, c'est contrôler chaque jour le biofilm sans agresser la gencive : brossage doux deux fois par jour pendant 2 minutes avec un dentifrice fluoré, nettoyage interdentaire quotidien, et contrôle chez le dentiste au moins une fois par an. Ce sont les recommandations de l'UFSBD.

L'objectif n'est pas d'aseptiser la bouche, mais de désorganiser régulièrement le biofilm là où il s'installe : au collet des dents, dans le sillon gingival et entre les dents. Une approche qui respecte le microbiome buccal plutôt que de le détruire, comme nous l'expliquons dans Probiotiques et anti-biofilm : un nouveau paradigme.

  • Le brossage : l'UFSBD recommande de nettoyer les espaces entre les dents avant le brossage. Une revue Cochrane de 2014 indique que les brosses à dents électriques réduisent la plaque de 21 % et l'inflammation des gencives de 11 % de plus qu'une brosse manuelle après trois mois d'utilisation.
  • Le nettoyage interdentaire : la brosse à dents n'atteint pas les faces cachées entre les dents, là où la parodontite commence souvent. Brossettes interdentaires adaptées à chaque espace, et fil dentaire là où les dents sont très serrées.
  • La douceur : sur une gencive fragilisée, un brossage trop appuyé ou des brins trop durs aggravent la récession. Le bon outil est souple et précis.
  • Le suivi : après un traitement, la maintenance professionnelle prend le relais de votre routine, à la fréquence fixée par votre praticien.

Pour une routine complète et réaliste, étape par étape, consultez notre guide hygiène bucco-dentaire : la routine idéale matin et soir. Et si vous hésitez sur l'équipement, nous avons comparé les critères dans la meilleure brosse à dents électrique contre la parodontite et la gingivite.

Le réflexe EDELWHITE

EDELWHITE, marque suisse spécialisée dans la santé des gencives, a conçu ses outils pour contrôler le biofilm sans agresser une gencive fragilisée. Ils complètent, sans le remplacer, le traitement de votre dentiste ou parodontiste.

  • La brosse à dents électrique sonique EW-SG8+ Sonic Generation Health Suite : 45 000 mouvements par minute, un mode Sensibilité et un mode Massage, et des filaments Konex HD parmi les plus fins du marché (extrémité d'environ 0,02 mm) qui atteignent le sillon gingival tout en amortissant la pression.
  • La EW-SG12 Sonic Generation Bacterio, recommandée par l'Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD), pour démarrer avec la technologie Konex HD.
  • Les têtes Perio-Care Set : la tête Target, à pointe unique, cible le sillon gingival et les espaces entre les dents ; la tête Focus épouse chaque dent.
  • Le set de brossettes interdentaires 6 tailles pour trouver la bonne taille pour chaque espace, et l'irrigateur Flosserpik Power Spa avec son mode Sensitive et son embout sous-gingival, en complément du brossage et des brossettes.

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Questions fréquentes sur la parodontite

Parodontite, paradontite ou parodontose : quelle différence ?

Le terme médical correct est parodontite : une inflammation chronique des tissus qui tiennent les dents. « Paradontite » est une orthographe incorrecte que l'on rencontre souvent dans les recherches. « Parodontose » est un terme ancien, encore très utilisé dans le langage courant pour parler du déchaussement des dents ; les dentistes parlent aujourd'hui de parodontite. « Maladie parodontale » est le terme large qui regroupe la gingivite et la parodontite.

La parodontite est-elle contagieuse ?

La parodontite n'est pas contagieuse comme une grippe. Les bactéries associées à la maladie peuvent se transmettre entre membres d'une même famille ou entre partenaires, par la salive, mais la présence de ces bactéries ne suffit pas à déclencher la maladie. C'est le terrain (hygiène, tabac, diabète, génétique, réponse immunitaire) qui détermine si une parodontite se développe. Si votre partenaire est traité, un bilan pour vous est une bonne idée.

La parodontite est-elle douloureuse ?

Le plus souvent, non. La parodontite évolue généralement sans douleur pendant des années, ce qui explique qu'elle soit souvent découverte à un stade avancé. Les signes sont plutôt des saignements, une mauvaise haleine, des gencives qui se rétractent ou une sensibilité au froid. Une douleur vive, un gonflement ou du pus évoquent un abcès parodontal, qui demande une consultation rapide chez le dentiste.

Perd-on forcément ses dents avec une parodontite ?

Non. Une parodontite diagnostiquée et traitée, puis suivie en maintenance, permet de conserver la grande majorité de ses dents pendant des décennies. Le risque de perte augmente surtout quand des poches profondes persistent après traitement, quand le tabac continue ou quand le suivi est abandonné. Plus le diagnostic est précoce, plus le pronostic des dents est favorable.

Peut-on soigner une parodontite seul, sans dentiste ?

Non. Une hygiène soigneuse à la maison est indispensable, mais elle ne peut pas éliminer le tartre et le biofilm installés au fond des poches parodontales. Seule l'instrumentation professionnelle sous la gencive y parvient. Bains de bouche, plantes ou huiles ne remplacent pas ce traitement. En revanche, sans hygiène quotidienne efficace, le traitement du dentiste ne tient pas dans la durée : les deux sont complémentaires.

La parodontite est-elle héréditaire ?

En partie. Une revue systématique de 2019 estime que jusqu'à un tiers des différences de risque de parodontite entre individus s'explique par la génétique, davantage pour les formes sévères. On n'hérite pas de la maladie elle-même, mais d'une susceptibilité. Si vos parents ont perdu leurs dents jeunes à cause de leurs gencives, signalez-le à votre dentiste et faites contrôler vos gencives régulièrement.

À quel âge apparaît la parodontite ?

La parodontite peut apparaître dès l'adolescence ou le début de l'âge adulte, même si elle est plus fréquente avec l'âge. Selon l'Assurance Maladie, la fréquence de la maladie parodontale grave commence à augmenter à la fin de l'adolescence et culmine vers 55 ans. Les formes à évolution rapide (grade C) peuvent toucher des personnes jeunes : des saignements répétés justifient donc un bilan à tout âge.

Une parodontite peut-elle revenir après traitement ?

Oui, la récidive est possible, car le terrain reste sensible. C'est pourquoi la Fédération européenne de parodontologie prévoit, après le traitement actif, une maintenance parodontale à intervalles de 3 à 12 mois, adaptés au profil de risque de chaque patient. Une hygiène quotidienne rigoureuse, l'arrêt du tabac et l'équilibre du diabète réduisent nettement ce risque de récidive.

Quelle brosse à dents choisir en cas de parodontite ?

En cas de parodontite, choisissez une brosse à dents souple qui nettoie efficacement le bord de la gencive sans l'agresser. Une revue Cochrane de 2014 montre que les brosses électriques réduisent davantage la plaque et l'inflammation que les brosses manuelles après trois mois. Privilégiez des brins très fins et souples, un mode adapté aux gencives sensibles et une pression maîtrisée, et complétez toujours par un nettoyage interdentaire quotidien.

Le traitement de la parodontite est-il remboursé ?

En France, le bilan parodontal et le surfaçage radiculaire sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les personnes diabétiques et pour 5 autres affections de longue durée depuis le 25 février 2024, dans la limite d'un traitement initial et d'un traitement complémentaire par période de 3 ans. Pour les autres patients, le détartrage est remboursé, mais les soins parodontaux ne le sont pas et leurs honoraires sont libres.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un chirurgien-dentiste ou d'un parodontiste.